Article de fond

Médicaments d'hiver : la surveillance des pénuries a repris

L'ANSM a lancé son plan hivernal 2026-2027 contre les pénuries : salbutamol, fluticasone et prednisolone sont suivis. Ce que cela change pour tes traitements.

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Chaque hiver, les virus respiratoires font grimper les besoins en antibiotiques, en médicaments contre la fièvre ou en traitements de l'asthme. Le 13 octobre 2026, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé le lancement de son plan hivernal 2026-2027, destiné à repérer tôt les risques de pénurie. Si tu vis avec un asthme, une BPCO ou une autre maladie respiratoire, ce dispositif te concerne directement.

Ce qui a été décidé

Le plan est mis en œuvre pour la quatrième année consécutive. Son but, selon l'ANSM : « anticiper, suivre et gérer les éventuelles pénuries de certains médicaments majeurs de l'hiver ». Un premier comité de suivi s'est réuni le 8 octobre 2026.

L'agence surveille 14 molécules dites « sentinelles », ce qui représente environ 180 médicaments. Parmi elles figurent plusieurs antibiotiques (amoxicilline, amoxicilline associée à l'acide clavulanique, azithromycine, clarithromycine), le paracétamol, et trois molécules bien connues des patients respiratoires :

  • le salbutamol, un bronchodilatateur de courte durée d'action, utilisé pour soulager une gêne respiratoire ;
  • la fluticasone, un corticoïde inhalé, utilisé comme traitement de fond ;
  • la prednisolone, un corticoïde par voie orale.

Le plan couvre aussi 79 types de dispositifs médicaux et de tests de diagnostic, surtout ceux utilisés à l'hôpital pour soigner les formes graves, dont du matériel d'oxygénothérapie et de ventilation. Les fabricants et les distributeurs doivent prévenir l'ANSM « sans délai » de toute situation qui pourrait conduire à une rupture.

Bonne nouvelle : le plan démarre « dans un contexte favorable de disponibilité des médicaments au niveau national ». Il est donc activé au niveau « veille saisonnière », le premier des deux niveaux prévus.

Comment fonctionne cette surveillance

Le niveau 1 correspond, selon le document du plan, à une surveillance « avant identification de tensions ou ruptures d'approvisionnement ». L'ANSM suit chaque semaine les ventes, les stocks et les approvisionnements, en lien avec Santé publique France, qui mesure la circulation des virus.

Si les indicateurs se dégradent, le niveau 2 peut être activé sur décision commune de l'ANSM et du ministère chargé de la santé. Plusieurs leviers sont alors possibles, au cas par cas :

  • réserver un médicament aux patients qui en ont le plus besoin quand il n'existe pas d'autre solution ;
  • limiter les quantités livrées à chaque pharmacie pour répartir les stocks partout en France ;
  • interdire l'exportation par les grossistes ;
  • encadrer la délivrance en pharmacie, ou recourir, si la réglementation le permet, à des préparations spéciales réalisées par les pharmacies d'hôpital ou de ville.

Pendant la saison, des réunions sont prévues avec des représentants d'associations de patients, des professionnels de santé et les acteurs de la chaîne du médicament.

Pourquoi c'est important pour les poumons

Pour une personne qui vit avec une maladie respiratoire, une rupture de traitement n'est jamais anodine. Le traitement de fond aide à garder les bronches au calme. Le bronchodilatateur de secours sert quand le souffle devient difficile.

Or l'hiver concentre les risques. Les virus respiratoires se multiplient, les crises d'asthme et les poussées de BPCO (appelées exacerbations) deviennent plus fréquentes, et la demande de médicaments augmente en même temps dans tout le pays.

Pour l'instant, la situation est calme. Dans son bulletin du 21 octobre 2026, Santé publique France indique que les indicateurs des infections respiratoires aiguës sont « globalement stables et à leur niveau de base ». La grippe reste à son niveau de base. Le recours aux soins pour bronchiolite augmente toutefois, et les rhinovirus continuent de circuler.

L'hiver dernier s'est bien passé. Dans son bilan publié en avril 2026, l'ANSM indique que la disponibilité des 14 molécules suivies « a été pleinement assurée tout au long de la saison hivernale ». Rien ne garantit que ce sera le cas cette année, mais le système de surveillance est en place.

Ce que cela change au quotidien

Ce plan ne te demande rien de particulier. Quelques réflexes simples permettent pourtant de traverser l'hiver plus sereinement :

  • Anticipe le renouvellement de ton ordonnance. Regarde la date de fin de ton ordonnance et prends rendez-vous avant d'arriver au bout de ton traitement, surtout avant les fêtes.
  • Évite de faire des réserves. Le plan de l'ANSM prévoit des messages pour éviter le sur-stockage. Acheter plus que nécessaire peut vider les rayons pour d'autres patients qui en ont besoin.
  • Garde la liste de tes traitements sur toi. Avec le nom des molécules, elle aide le pharmacien ou un médecin de garde à trouver une solution si un médicament manque.
  • Sous oxygène, garde à portée de main les coordonnées de ton prestataire. C'est lui qui assure la livraison et l'entretien du matériel.
  • Continue les gestes qui limitent les infections : lavage des mains, aération, vaccination quand elle t'est recommandée. Moins d'infections, c'est aussi moins de besoins en médicaments pour tout le monde.

Quand en parler à son médecin

Parle à ton médecin ou à ton pharmacien :

  • si ton pharmacien t'annonce qu'un de tes médicaments n'est pas disponible ;
  • si tu te demandes quelle solution existe en cas de rupture de ton traitement de fond ou de ton bronchodilatateur de secours ;
  • si tu utilises ton traitement de secours plus souvent que d'habitude, ce qui peut signaler que ta maladie est moins bien contrôlée ;
  • si tu as un doute sur ton plan d'action en cas de crise ou de poussée.

Ne modifie jamais ton traitement de toi-même, même en cas de difficulté pour te le procurer : la bonne solution se trouve toujours avec un soignant.

À retenir

  • L'ANSM a lancé le 13 octobre 2026 son plan hivernal pour prévenir les pénuries de médicaments.
  • Le salbutamol, la fluticasone et la prednisolone font partie des médicaments surveillés, ainsi que du matériel d'oxygène et de ventilation utilisé à l'hôpital.
  • La situation de départ est favorable : le plan est au niveau 1, celui de la simple veille.
  • Anticiper ses ordonnances sans faire de réserves est le meilleur geste pour soi et pour les autres.
  • En cas de manque, ton pharmacien et ton médecin sont tes premiers interlocuteurs.

Sources

  1. L'ANSM active le plan 2026-2027 de suivi des médicaments et des dispositifs médicaux de l'hiver, ANSM (ansm.sante.fr)
  2. Plan de sécurisation de la couverture des besoins en produits de santé au cours des pathologies hivernales (saison 2026-2027), ANSM (ansm.sante.fr)
  3. Plan hivernal 2025-2026 : une année marquée par l'absence de tensions sur les produits de santé suivis, ANSM (ansm.sante.fr)
  4. Infections respiratoires aiguës (grippe, bronchiolite, COVID-19). Bulletin du 21 octobre 2026, Santé publique France (santepubliquefrance.fr)

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