Article de fond

Pneumocoque : la vaccination des adultes fragiles mise à jour

La HAS a actualisé en 2026 la vaccination contre le pneumocoque. Qui est concerné, quel vaccin, où le faire : les repères pour les personnes au souffle fragile.

5 min de lecture

L'automne est la saison des vaccins de l'hiver. À côté de la grippe et du Covid-19, un autre vaccin mérite d'être vérifié : celui contre le pneumocoque. Dans un avis du 30 juillet 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) a actualisé la stratégie de vaccination. Si tu as 65 ans ou plus, ou si tu vis avec certaines maladies respiratoires chroniques (BPCO, emphysème, asthme sévère, insuffisance respiratoire chronique, mucoviscidose), ces repères te concernent.

Ce qui a été publié

Le pneumocoque est une bactérie. Selon Santé.fr, elle est responsable d'infections fréquentes, comme des pneumonies (infections du poumon), des septicémies (infections du sang) et des méningites. C'est même la première cause de méningite, chez l'enfant comme chez l'adulte.

Il existe plusieurs vaccins, qui se distinguent par leur « valence », c'est-à-dire le nombre de types de pneumocoques contre lesquels ils protègent. Deux vaccins récents sont utilisés chez l'adulte : un vaccin 20-valent et un vaccin 21-valent.

Dans son avis du 30 juillet 2026, relayé par Vaccination Info Service, la HAS recommande d'utiliser de préférence le vaccin 21-valent chez :

  • les adultes de 65 ans et plus ;
  • les adultes de 18 à 64 ans à risque d'infection à pneumocoque.

La HAS ne propose pas de nouvelle vaccination de rattrapage pour les adultes déjà vaccinés avec le vaccin 20-valent. Elle précise aussi que le vaccin 21-valent peut être fait en même temps que les autres vaccins recommandés à ces âges. Pour les personnes dont l'immunité est affaiblie, une recommandation spécifique est en préparation.

Santé.fr rappelle que la vaccination est élargie à l'ensemble des personnes de 65 ans et plus, qu'elles aient ou non une maladie chronique. Pour elles, la vaccination repose sur une dose unique de vaccin (20-valent ou 21-valent). À ce jour, le besoin d'un rappel n'a pas été établi.

Pourquoi c'est important pour les poumons

Les personnes qui vivent avec certaines maladies respiratoires chroniques font partie des publics à risque. Ces maladies respiratoires figurent dans la liste des situations à risque publiée par Santé.fr : l'insuffisance respiratoire chronique, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l'emphysème, l'asthme sévère et la mucoviscidose.

Le pneumocoque peut aussi venir compliquer une infection virale comme la grippe, souligne Santé.fr. Se protéger contre la grippe et contre le pneumocoque sont donc deux démarches qui se complètent.

Les données de Santé publique France montrent que ces infections n'ont pas disparu. Les infections dites invasives sont les formes graves de la maladie. Leur fréquence avait baissé pendant deux ans, au moment de la pandémie de Covid-19. Elle a ensuite augmenté de 60 % en 2022, puis de 16 % en 2023. Les niveaux sont revenus proches de ceux d'avant la pandémie.

Ce bilan, publié en janvier 2025, regarde aussi quels types de pneumocoques sont en cause chez les adultes. Les types contenus dans le vaccin 20-valent étaient en cause dans plus de 60 % des cas. Pour l'ancien vaccin 13-valent, c'était plus de 30 % des cas.

Ce que cela change au quotidien

Concrètement, cet avis ne te demande pas de tout recommencer. Il aide surtout à savoir où tu en es et quel vaccin peut t'être proposé. Quelques pistes :

  • Retrouve ton carnet de vaccination ou ton carnet de santé. Le professionnel qui vaccine y note chaque injection, rappelle Santé.fr. C'est le moyen le plus simple de savoir si tu as déjà été vacciné contre le pneumocoque, et avec quel vaccin.
  • Profite d'un rendez-vous déjà prévu. Si tu vas te faire vacciner contre la grippe ou le Covid-19 cet automne, c'est une bonne occasion de poser la question du pneumocoque. Le vaccin 21-valent peut être fait le même jour que d'autres vaccins recommandés à ton âge, indique la HAS.
  • Choisis le lieu qui te convient. Selon Santé.fr, la vaccination peut se faire en cabinet de ville, en pharmacie ou à l'hôpital. L'ARS Île-de-France précise que la plupart des vaccins du calendrier vaccinal peuvent être prescrits et administrés, dès 11 ans, par un médecin, un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme ; elle cite le pneumocoque parmi les vaccins des 65 ans et plus. Avant 65 ans, demande à ton médecin ou à ton pharmacien qui peut te vacciner.
  • Renseigne-toi sur le remboursement. Le vaccin est pris en charge à 65 % par l'Assurance Maladie, selon Santé.fr, et la complémentaire santé prend en général en charge le reste.
  • Pense aussi à tes proches aidants. S'ils ont eux-mêmes 65 ans ou plus, ou une maladie chronique, la recommandation peut les concerner aussi.

Quand en parler à son médecin

Certaines situations méritent une question à ton médecin, à ton pneumologue ou à ton pharmacien :

  • tu ne sais pas si tu as déjà été vacciné, ou ton carnet est incomplet ;
  • tu as reçu un vaccin contre le pneumocoque il y a plusieurs années et tu te demandes s'il faut le compléter ;
  • tu prends un traitement qui affaiblit les défenses immunitaires : une recommandation spécifique est en préparation, et c'est ton médecin qui évaluera ta situation ;
  • tu as moins de 65 ans et une maladie respiratoire chronique, et personne ne t'a encore parlé de ce vaccin ;
  • tu as déjà eu une réaction après un vaccin.

Le choix du vaccin et du bon moment se décide toujours avec un professionnel de santé, qui connaît ton histoire et tes traitements.

À retenir

  • Dans un avis du 30 juillet 2026, la HAS recommande de préférence le vaccin 21-valent pour les adultes de 65 ans et plus et pour les adultes de 18 à 64 ans à risque.
  • La BPCO, l'emphysème, l'asthme sévère, l'insuffisance respiratoire chronique et la mucoviscidose font partie des situations à risque.
  • À partir de 65 ans, la vaccination repose sur une dose unique ; aucun rappel n'a été établi à ce jour.
  • Le vaccin peut être fait le même jour que d'autres vaccins recommandés, en pharmacie, en cabinet ou à l'hôpital.
  • Ton carnet de vaccination est le meilleur point de départ pour en parler avec ton médecin ou ton pharmacien.

Sources

  1. HAS : actualisation de la stratégie vaccinale contre les pneumocoques, Vaccination Info Service (professionnels.vaccination-info-service.fr)
  2. Le vaccin contre méningites, pneumonies et septicémies à pneumocoque, Santé.fr (sante.fr)
  3. Infections invasives à pneumocoques. Bilan 2023, Santé publique France (santepubliquefrance.fr)
  4. Où se faire vacciner en Île-de-France ?, ARS Île-de-France (iledefrance.ars.sante.fr)

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